Bonsoir à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Corinne Lepage, la présidente de Cap 21
Bonsoir à tous.
Derrick : Bonjour, qu'en est-il de vos parrainages Madame Lepage ?
Autour de 425… Tous les jours il y a de nouveaux parrainages. C'est difficile, il y a des consignes des grands partis.
Internaute103 : Première question, comment vous sentez-vous dans cette campagne ?
Un peu frustrée. J'ai du mal à avoir des petites fenêtres médiatiques. Je n'ai que peu de temps de parole. C'est très arbitraire !
Internaute104 : Bonjour, je suis membre de l'association de soutien à Ingrid Betancourt. J'ai vu sur votre blog un lien vers un site de soutien. Quel est votre engagement auprès de cette cause?
Mon engagement est total et très ancien. J'ai rencontré sa famille : sa fille, son fils, sa sœur… Je soutiens toutes les manifestations lui étant consacrées et j’essaie d’y être le plus souvent présente.
chanmé : Que pensez-vous de la démarche mobilisatrice entreprise par Nicolas Hulot ? Est-ce quelqu'un qui vous sert ou qui vous dessert ? Que dire de son pacte écologique ? Ça y est vous l’avez signé ?
Le pacte, j'ai été la première à le signer ! J'étais ce matin parmi les 10 candidats qui ont signé de manière solennelle. Ce grand oral est vraiment une performance pour la cause de l'écologie. Je considère que toute fin ne justifie pas tout moyen. Cela étant Nicolas Hulot est l'une des personnalités préférées des Français et, à ce titre-là, il attire autour de lui beaucoup d'attention. Ce travail de mobilisation est remarquable.
Tommy : Quel est votre objectif dans cette campagne ?
Internaute110 : Bonjour Corinne, quels sont vos espérances pour ces élections ?
Je veux être dans la course. Je veux me battre non seulement sur l'écologie mais aussi sur la démocratie. Nos institutions sont en perdition. J'ai déjà écrit quelques livres à ce sujet sous le pseudonyme de Catherine de Médicis. Pour que les gens comprennent les enjeux, il faut donner des exemples précis. Aujourd'hui, il n'y a que deux candidats, puis Le Pen et Bayrou et après plus rien. Ce n'est pas normal.
Internaute121 : Bonjour Madame! En finir avec le clivage droite/gauche... Vous n'êtes pas proche des projets de Bayrou??
Sur cette idée-là, je me sens proche de lui, oui. Le monopole de l'intelligence n'est nulle part. Les enjeux nécessitent une intelligence collective. Il faut un gouvernement d'union nationale.
Internaute94 : Bonjour Corinne, pensez-vous que l'on parle trop de Ségo et Sarko et que la menace Le Pen va se nourrir de tout ça ?
Ce que je vois sur le terrain c'est que les gens me disent : "S'ils pensent à Paris que l'on va voter comme ça : Sarko ou Sego, ils se trompent". Le risque, c'est la réaction de rejet et de se tourner vers Le Pen. Il faut sortir de cette équation UMP-PS, ne pas tomber dans l’ « UMPS ».
Samir : Accepteriez-vous un poste de ministre de l'environnement auprès de Nicolas Sarkozy ou François Bayrou ?
Je ne peux pas répondre à cette question. Tout dépend de ce que l'on me laisserait faire. Si c'est pour être une potiche, certainement pas. Je ne cherche pas un poste. J'ai un métier que j'aime, je gagne bien ma vie, je n'ai pas besoin de ça. Je me bats pour que ça change, pas pour autre chose. C'est donc une question de feuille de route.
sunday : Comment expliquer que la France soit tant à la traîne en matière de lutte contre la pollution et au sujet du développement durable ?
Nous sommes le très mauvais élève de l'Europe. Nous avons chez nous des intérêts économiques importants, et ces gens-là ne veulent pas des nouvelles lois communautaires. C'est le cas de l'agrochimie par exemple. Ou encore des pétroliers. Ces « puissances » ont obtenu de l'Etat de pouvoir toujours gagner du temps. Il faut cesser de regarder l'environnement comme une contrainte. Nous proposons plus de 300 mesures qui peuvent créer des milliers d'emplois.
totem : Qu’est-ce qui selon vous marche chez les Verts allemands qui ne marche pas chez nous ?
Nous ne sommes pas arrivés à nous unir. Nos Verts en France, c'est très marqué à gauche, à gauche du PS. Or, l'écologie doit aussi concerner les gens du centre. Et c'est ce à quoi je voudrais contribuer. Il y a deux aspects chez les Verts allemands : d’abord, ils sont plus représentatifs de la société civile et plus pragmatiques. Enfin, la société allemande et ses hommes politiques sont indéniablement plus sensibles à la question de l'écologie.
Internaute110 : Bonjour, vous ne pensez pas être réellement élue à cette élection ? Alors, après quoi courez-vous ? A quelles conditions pourriez-vous collaborer ?
Non, je ne pense effectivement pas pouvoir être élue mais cela ne fait pas de moi une femme de compromission. Je suis avant tout une femme de compromis. Ce qui me motive, c'est de présenter un projet global avec la démocratie, l'écologie et la République au centre. J'insiste sur le lien entre économie et écologie car nous pouvons créer des emplois. Nous pouvons réduire ce que nous consommons tout en créant des emplois. Cela repose sur un nouveau fonctionnement de la société. Je souhaite également la fin du carriérisme politique, des nominations, l'absence de transparence sur les finances. Ces habitudes ne sont pas compatibles avec une société moderne. Nous devons décider autrement. Les Français doivent être associés à ces décisions.
Framboisier : Pourquoi ne pas enfin vous alliez avec les Verts ? L’écologie serait enfin vraiment représentée concrètement dans le champ politique. A vous deux, vous feriez aux alentours de 7-8% ce qui serait non négligeable !
Ce n'est pas sûr. Car des gens ne veulent pas voter Vert ou voter pour moi. Les gens se positionnent par rapport à deux offres, l'une au centre (la mienne) et l'autre à gauche (Les Verts). Je suis entre Bayrou et le parti radical de gauche, si vous voulez vous faire une idée.
Corinne : Comment redonner goût ou du moins impliquer les Français dans les grandes causes environnementales hormis les pieuses résolutions ?
Je voudrais d’abord donner envie d'écologie. Faire comprendre aux gens que c'est leur santé et de celle de leurs enfants qui sont en jeu. C'est aussi un moteur de développement économique. Il ne faut pas que ce soit perçu comme une contrainte. Les questions d'écologie, je m'en préoccupe depuis très longtemps. Au départ, c'était effectivement une phase "angoisse". Aujourd'hui, je suis dans la phase solution. J'ai dépassé cette angoisse pour aller vers quelque chose de plus positif.
guy : Y a-t-il du bon dans le nucléaire ou faut-il tout changer selon vous ?
Il y a du bon dans le fait que le nucléaire n'émet pas de gaz à effet de serre. Je sépare la question en France et dans le monde. Il y a un débat sur le risque de « bombes sales », et le risque augmentera si on poursuit dans le tout nucléaire.
Ce n'est pas une solution à l'échelle de la planète. En France, on peut sortir du nucléaire pour tout ce qui ne concerne pas les grandes installations. Il faut notre indépendance énergétique : en encourageant les maisons à énergies positives par exemple… En revanche, pour les grosses installations, on n'a pas de solutions pour se passer d'électricité massive et donc du nucléaire.
RH2007 : Précisément, que pensez-vous de l'objectif de Royal de réduire à 50%, d'ici 2020, la part du nucléaire. Que pensez de l'élargissement des quotas de CO2 durant cet été décidé par le gouvernement ?
C'est la raison pour laquelle je suis contre l'EPR, car la technique n'est pas parfaite et c'est très cher. Pour ce qui concerne les quotas, on a triché ! On a fait des quotas à un niveau tels qu'ils ne servent à rien du tout.
romain : Et sur les biocarburants. Quelle est votre position ?
Je suis pour s'ils ont un écobilan positif. C'est-à-dire, savoir si tout au long de la vie de ce produit, son bilan est bon. Ce n'est pas le cas de tous les produits. C'est une mesure qui a été prise en faveur du milieu agricole.
Louloute : Que pensez-vous des différents projets qui se mettent en place dans les différentes régions de France au niveau de l'environnement ? Ce n'est pas déjà un pas décisif pour l'avenir ?
Incontestablement, ce qui se passe au niveau des régions et des collectivités locales, c'est formidable ! Les plans locaux d'énergie, les agendas 21, les plans de traitement des déchets… Comme par exemple à Chalons ou à Montmélian… Ce sont autant d’initiatives locales salutaires pour l’environnement.
geronimo98 : Quelles solutions en remplacement de la PAC ?
Il faut commencer par l'appliquer. En France, les agriculteurs bio qui ont choisi le développement durable, sont pénalisés, par rapport à ceux qui ont choisi l'agriculture traditionnelle. Il faut que toutes ces agricultures soient traitées au moins aussi bien. De plus, pendant ce temps, notre agriculture ne s'adapte pas! Cela va poser des problèmes à l'avenir. De plus, on continue à utiliser beaucoup de pesticides. On retrouve des traces de pesticides sur des légumes qui prouvent que l’on dépasse allègrement les normes autorisées. Notre territoire sera la richesse de demain, ne l’oublions pas. Nous avons en Europe, un territoire vaste avec beaucoup de surfaces agricoles. Il faut garder notre espace rural et l'économiser. L'agriculture c'est l'alimentation et l'énergie de demain. Il faut donc plus d'emplois à la campagne. C'est peut-être une alimentation plus chère mais nous économiserons sur les frais de santé grâce à cette alimentation plus saine.
laptitelili : Un plan de généralisation de la circulation en vélos à Paris vient d'être rendu publique. Comment gérer sans chaos la circulation automobile dans les grandes villes ? Avez-vous un plan "Transports" ?
Le transport est un grand sujet! Nous allons aller vers une autre forme de mobilité. En Belgique, une carte mobilité permet de prendre avec la même carte le métro, un taxi, un taxi collectif… Il faut réaffecter l'argent vers des infrastructures collectives. Par exemple, des grands parkings à l'entrée de Paris. Il faut améliorer l'offre de transport collectif, en la finançant par exemple par une taxe carbone. L'aspect social doit également être pris en compte. Il faut permettre aux jeunes ménages qui vivent loin de Paris, sans transports, d'avoir une voiture « propre » grâce à un prêt à taux zéro par exemple. On peut aussi moduler la TVA, selon les véhicules et leur degré de pollution. La question des transports est une question globale. Elle touche aussi bien l'habitat et le social que l'aménagement du territoire…
Tommy : Quel est votre programme pour revenir à des chiffres du chômage les plus bas possibles ?
Deux types de mesure. Je suis un petit chef d'entreprise et je sais que si on a du travail, on embauche. Donc la question est : comment on crée de nouveaux marchés en France ? Pour cela, il faut sortir du pétrole. Deuxième point, il faut organiser cette activité. Il faut permettre à tout le monde de pouvoir créer son entreprise et ainsi permettre à tout jeune de mettre le pied à l'étrier. Il doit avoir un pécule. Cela peut être un système de prêt de l'état à rembourser une fois qu'il entre dans la vie active. Dans un pays d’Europe du Nord, l'aide est modulée en fonction de la voie choisie, selon les débouchés de cette voie. Autre sujet, les charges qui pèsent sur les entreprises. Il faut réduire la fiscalité pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés.
Internaute143 : Quelle serait votre première action si vous étiez élue ? Elle concernerait la santé, le chômage, l’environnement ou autres ?
La première, elle serait sur l'emploi en lien direct avec l’environnement. Tout mettre en oeuvre pour que ces nouvelles activités soient le grand chantier du quinquennat. Ensuite, la santé environnementale et enfin les institutions, en même temps. Je souhaite que se mette en place un régime présidentiel avec un pouvoir législatif fort. Il faut : un mandat unique et changer le système de nomination : le Président peut proposer mais c'est le parlement qui dispose. Cela devrait concerner le CSA, le Conseil Constitutionnel… Le copinage politique jouerait beaucoup moins.
Felix : Bonsoir Corinne Lepage, que pensez-vous de « 1% for the planet », programme qui consiste pour toute entreprise adhérente, de reverser 1% de ses bénéfices pour la défense de l'environnement ? Des modèles existent-ils ici ?
Non, rien n'existe ici ou en tout cas, pas à ma connaissance. Mais, ce serait pas mal comme mesure.
Jean Luc : Selon vous, quel est le candidat qui peut potentiellement être président qui a le programme écologique le plus intéressant ?
Je n'ai pas tout regardé en détail mais pour l'instant, je pense que c'est Ségolène Royal qui a, avec elle, Bruno Rebelle. J'attends néanmoins de voir tous les programmes.
stan : Que pensez-vous de l’affaire Rebelle, le conseiller « ecolo » de Mme Royal ?
Je pense qu'elle a fait un très bon coup en lui demandant de la rejoindre. Mais alors pour ce qu’il s’agit de l'affaire des Renseignements Généraux, c'est scandaleux ! C'est de la basse police. Utiliser les services de l'Etat pour un usage partisan, c'est inqualifiable.
romarine : Quel réforme des institutions ou du moins quelles propositions privilégieriez-vous pour donner une vraie place à l’écologie dans un gouvernement ?
Je ne suis pas opposé à un vice-Premier Ministre chargé de l'écologie. Cela ne fonctionne qu'avec un contreseing. Si on ne signe pas : pas de pouvoir. Il faut en effet changer la structure du gouvernement. Il est indispensable que nous ayons une connaissance à moyen ou long terme des décisions prises. Trois ministères seraient nécessaires pour l’écologie politique: le territoire durable, l'économie durable et le patrimoine. Il faudrait que le gouvernement soit organisé autour de ces trois ministères.
pat : Quel score visez-vous au premier tour ?
segolaïne : Que peut-on vous souhaiter pour ces prochains mois, Corinne ?
Le score ? Le meilleur possible !!! Et, vous pouvez me souhaiter que j'arrive à accéder à une égalité de traitement dans les médias avec les autres candidats pour que je puisse convaincre le plus de Français possible.
Merci Corinne Lepage. Le mot de la fin ?
J'espère que les internautes sont désormais mieux informés sur ma personne, mes idées et que, si je les ai convaincus, ils seront des porte-parole de ma campagne. Merci !
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