Chat du Vendredi 16 février à 17h 00 - Chat vidéo
Arlette Chabot
"Faire preuve de neutralité"
La performance de François Bayrou lors de l'émission "A vous de juger", l'éviction du chroniqueur Alain Duhamel, les dernières tendances de la campagne présidentielle... Venez revivre le Chat avec Arlette Chabot suite à la semaine mouvementée vécue par la rédaction de France2.
Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Arlette Chabot.
Bonsoir.
Guest23: Arlette pour qui allez-vous voter?
C'est exactement la question à laquelle il ne faut pas répondre. Cela fait partie de la déontologie du journaliste professionnel. Il ne faut pas se vouloir militant. Nous, on s'adresse à tout le monde, donc pas d'avis.
dominique : Quels ont été les critères de décisions visant à exclure M. Duhamel dont le professionnalisme et l'objectivité sont reconnus de tous? Celui ci dénonce entre autres les attaques et les bassesses de la société des rédacteurs. Qu'en est-il ?
Personne ne remet en cause les compétences de M. Duhamel mais le fait de prendre position peut vous rendre suspect aux yeux de certains. A France2, la décision a été de faire preuve de neutralité. Pour ce qui est de cet épisode avec Alain Duhamel, c'est son choix personnel.
smazz : Qui remplacera Alain Duhamel pour les prochaines émissions ?
Il y a d'autres journalistes à la rédaction de France2 mais également à l'extérieur. Le choix dépendra des émissions. On s'organisera selon les candidats invités.
gugus : Madame, j'ai une question d'ordre purement pratique à vous poser : pourquoi ne peut-on que poser des questions par webcam à un seul invité et pas aux autres ? D'autre part, serait-il possible de poser des questions par mail aux invités sans passer par la Webcam ?
On peut poser une question qui s'adresse à tous les invités, même si dans les prochaines émissions, il n'y aura qu'un invité. On peut envoyer une question par Webcam mais on peut aussi intervenir par le bon vieux téléphone !
Guest25 : Mme Chabot, je voudrai savoir si après chaque émission, vous allez sur le forum à vous de juger sur le site pour voir les réactions des téléspectateurs. Merci de votre réponse
Moi pas forcément directement. Mais mon équipe lit attentivement vos commentaires. Ils le font très sérieusement parce que je n'ai pas toujours le temps de le faire moi-même.
vixy1 : Outre l'émission à vous de juger que je regarde à chaque fois, quel sera votre dispositif pour couvrir la campagne officielle : plus d'invités au 20H ? L'organisation d'un grand débat entre les candidats :-) ? Qui présentera les soirées électorales ?
Après les journaux de la rédaction, il y a les « 4 Vérités » et les « Questions Ouvertes ». Bientôt, il y aura la possibilité d'organiser des débats ou des face à face entre les candidats quand la période dite « d'égalité » entrera en vigueur vers le 22 mars. On va voir ce que l'on peut faire étant donné que les candidats sont peu enclins à participer des débats pour le moment. Mais on peut aussi essayer d'organiser des face à face entre des n°2 ou des directeurs de campagne des candidats en course. Elise Lucet et David Pujadas seront quant à eux les présentateurs des soirées électorales.
auto : Bonjour Arlette ! Après l'insécurité en 2002, quelle sera selon vous la grande thématique de la campagne cette année ?
C'est sans nul doute le pouvoir d'achat ou du moins tout ce qui tourne autour de la vie chère : les impôts, les salaires, les retraites, la hausse des prix… C'est le thème de préoccupation majeur des Français et nos questions tournent logiquement beaucoup autour de ces sujets.
Guest25 : Bonjour Mme Chabot la deuxième partie du débat hier soir avec Villiers, Bové et Buffet a choqué tout le monde surtout quand Bové s'est permis d'insulter gratuitement M. de Villiers de « raciste ». Votre réaction n'a pas été à la hauteur alors que d'habitude, vous calmez de suite le jeu. Bové vous a t-il surpris hier soir ? Merci de votre réponse
Le problème était surtout lié au fait que les deux criaient très fort. Si je n'ai pas été à la hauteur, c'est vous qui le dîtes, c'était simplement très difficile de les calmer car ils hurlaient. J'ai eu c'est vrai du mal à me faire entendre mais je ne les ai pas laissé faire.
asphodèle : Bonjour. Le thème de l'écologie semble être moins présent, je crois qu'il n'a pas été abordé hier. La renonciation de Nicolas Hulot risque-t-elle de faire disparaître ce thème du paysage médiatique ?
Ce n'est pas faux sauf si l'on considère que la plupart des thèmes tels que le nucléaire ne peuvent pas forcément être abordés du strict point de vue écologique. Dans cette campagne, la différence se fera plus sur les impôts ou les salaires. Mais pour ce qui s'agit des engagements environnementaux, il serait peut être salutaire que Nicolas Hulot fasse une petite piqûre de rappel plus régulièrement.
narcisse galopin : Bonjour Mme Chabot. Quel est le but des "pactes" signés en fin d'émission par les candidats ?
Nous avons demandé à chaque candidat invité sur « A vous de juger » de s'engager sur 4 ou 5 points majeurs de son programme. S'ils sont élus, on pourra faire un point sur ce qu'ils auront suivi et vérifier preuves à l'appui s'ils ont tenu leurs promesses.
Elie Arié : Bonjour, en fixant le temps de parole des candidats en fonction de leur position dans les sondages et du nombre d'élus de leurs partis, ne contribuez-vous pas à figer les situations ?
On ne peut pas s'arrêter à ces 2 seuls critères. Il faut prendre en compte le critère de notoriété, l'attachement à un groupe parlementaire, etc. On tient également compte de critères qui évoluent durant la campagne. Mais des passages récurrents sur un plateau télé ne font pas non plus forcément le jeu des candidats. Regardez Nicolas Hulot a fait une émission et il est monté jusqu'à 11% dans les sondages. La télé n'est donc pas si déterminante.
politik : Après ces premières émissions avec les candidats de la campagne, lequel vous paraît le plus charismatique et vous a le plus surpris ou impressionné ? Par avance merci !
Chacun est dans son role selon moi. Il n'y a pas vraiment d'idées si nouvelles pour chacun des candidats. Que ce soit pour Le Pen ou Bayrou. Mais chacun des deux avec sa "musique" personnelle. Dans cette optique, François Bayrou a choisi de parler aujourd'hui un peu plus fort.
Lukiluk : Bonjour, je voulais savoir si vous constatiez aujourd'hui un intérêt plus grand pour la politique qu'en 2002 ? Si oui, cela pourrait signifier la crainte d'un "2002 bis" ou l'efficacité des mesures de démocratie participative, de la mainmise sur Internet et les médias de la part des politiques?
Tout d'abord, il n'y a pas de « mainmise » sur Internet mais simplement une utilisation plus énergique du Net en tant qu'outil de campagne, chacun à sa manière. Pour ce qui est de l'intérêt plus grand pour la campagne, je dirai qu'il y a toujours eu un intérêt pour l'élection présidentielle. D'abord, parce que les deux candidats majeurs sont des nouveaux. Et puis, parce qu'on tourne réellement une page générationnelle de la politique. Enfin, parce que les leçons de 2002 font que la conscience politique s'est peut être accrue vis à vis du choix final. Pour l'instant, on ne sait pas qui aura toutes ses signatures. Le suspens reste encore grand notamment pour les candidates de l'extrême gauche. Ils sont assez bas dans les sondages et leurs 500 signatures ne sont pas encore acquises.
narcisse galopin : Vos questions, celles de votre chroniqueur ou bien les questions du public soumises aux candidats sont-elles connues à l'avance par ceux-ci ?
Non. Ce sont les thèmes qui sont connus. Les candidats ne sont pas idiots, ils connaissent les préoccupations des Français. Ils sont quand même tous très bien préparés. Les questions posées ne leur apparaissent pas si surprenantes finalement.
katanche : Comment choisissez-vous les spectateurs sur vos "directs" ?
Il y a deux catégories : Les spectateurs qui peuvent nous piéger en ne déclarant pas leur appartenance à tel ou tel parti ou associations, et les personnes qui accompagnent les invités ou les personnes non déclarés dans le public venant à l'improviste avec des spectateurs conviés.
harakoko : Où trouvez-vous les photos d'enfance des candidats ? Est-ce une manière de les mettre en confiance pour mieux les cuisiner après ?
Nous les trouvons d'abord dans les archives ou alors on en demande aux proches. Selon nous, les candidats ont une histoire et notre démarche est de raconter leur personnalité grâce à ces choix de photo. Ils ne sont pas toujours d'accord. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal étaient par exemple assez réticents. Pour Mme Buffet, on a pas trouvé de photos par exemple car elle souhaite à tout prix préserver sa vie privée. On respecte toujours leur choix mais grâce à ces photos, on peut retracer une certaine psychologie de l'invité.
Vincent : Je suis électeur de gauche, hier j'ai apprécié Bayrou, il m'a semblé pausé, réfléchi, calme, en confiance, toutes les qualités d'un président quoi !!! Comment l'avez-vous ressenti sur le plateau ??
Son positionnement, c'est de dire qu'il n'est ni de Droite ni de Gauche. Forcément, il ne peut défendre cette posture qu'avec une extrême conviction. Pour lui, l'accession à la présidence de la République, c'est possible. Il fait désormais preuve de plus de calme pour pouvoir prouver sa capacité à rassembler. Le tout avec la même passion. Depuis 5 ans, il n'est plus ce centriste rebelle qui faisait le tour de France dans son bus roulant au colza. Il a pris des risques et maintenant il les assume.
jeje95 : Qui seront les prochains invités dans votre émission?
Il en reste deux : Nicolas Sarkozy le 8 mars et Ségolène Royal le 15 mars
marché : Bonjour Mme Chabot ! En regardant l'interview de Chirac par Michel Drucker, je me suis dit que vous aviez dû être déçue que celle-ci n'est pas été faite par un de vos journalistes ? Qu'en est-il ? Vous avez-t-il tenu au courant de son intention ?
Un, je savais que Michel Drucker préparait cette émission et, deux, qu'il n'allait pas le faire avec un journaliste politique. Cela ne m'a d'ailleurs pas empêché de trouver son interview assez bonne même si elle était dépourvue de pièges et qu'elle portait plus sur la vie familiale de Jacques Chirac.
sunpot : Comment réagissez-vous à l'article du Canard Enchainé d'il y a quelques semaines vous accusant de complaisance avec le candidat Sarkozy à qui vous avez ffer tune tribune de 3 heures , sans réelles questions qui fâchent ?
Ce n'est pas vrai j'ai fait mon travail de journaliste et je conteste le fait qu'il n'y ait pas eu de débat avec Nicolas Sarkozy. Sur le plateau, Il y avait une véritable contestation avec la présence de délégués syndicaux, d'un journaliste du Nouvel Observateur, de jeunes de banlieue. Soit une somme de personnes pas spécialement favorables à Nicolas Sarkozy.
frytjip : Bonjour. On sent que la démarche participative est à la mode dans les émissions politiques avec à son aboutissement l'émission politique d'une chaîne concurrente. Ne pensez-vous pas qu'il y a une certaine limite à cette initiative en sachant que le débat entre les candidats eux-mêmes se trouve délaissé?
Pour qu'il y ait un débat entre les candidats : il faudrait d'abord qu'ils acceptent le débat! Et ce n'est pas faute d'essayer. Mots Croisés est une véritable émission de débats et même les politiques dits "petits" refusent le débat. Pour le participatif, on ne veut pas confisquer le débat politique. On veut l'ouvrir au plus grand nombre de Français en faisant un mix des deux. J'interviens, les téléspectateurs, les spectateurs, les internautes, un journaliste aussi. Mais on nous fera toujours le reproche de ne pas trouver de juste milieu, donc on essaie de faire un bon dosage entre les différentes questions que ce soit du public, des webcams ou des journalistes.
gugus : Bonjour, vous qui êtes journaliste politique depuis un certain nombre d'années, les hommes/femmes politiques que vous interrogez abusent-elles du direct pour tarder à répondre à la question posée et en profiter pour esquiver la situation? Est-il possible de leur exiger de répondre à toute question, même si elle pouvait pousser la personne dans ses retranchements ou dans ce qu'elle n'avait pas prévu de dire?
Certains candidates font des réponses plus longues mais personne ne cherche à jouer la montre.
sanchomill : Bonjour de Belgique. Ne pensez-vous pas que cette volonté de fuir les débats contradictoires est surtout la marque d'un manque de fond dans la campagne des candidats, la campagne présidentielle française étant surtout l'apologie de la politique spectacle ?
Je ne suis pas d'accord. Je ne trouve pas que ce soit de la politique spectacle. On a tout de même de vraies propositions même si certains candidats ont des programmes peut-être plus limités. Cependant, il ne faut pas oublier qu'organiser des débats politiques reste quelque chose de difficile en France, c'est comme ça. Avec leurs conseillers, c'est possible mais en France, les vrais candidats rechignent encore par rapport aux pays anglo-saxons où la tradition du débat est plus ancrée et systématique, comme aux Etats-Unis par exemple.
frytjip : Internet est un nouveau canal de diffusion de plus en plus prisé. Il y a notamment des sites internet qui proposent des interviews vidéo qui renouvellent le genre. Comment vous placez vous par rapport à ce nouveau média? Est-ce qu'il vous pousse à modifier vos dispositifs d'émission ?
Non, nous on veut juste utiliser Internet pour faire participer les internautes via les webcams, etc. Mais à propos des interviews vidéo sur Internet, que chacun reste encore une fois dans son créneau.
Merci Arlette Chabot, le mot de la fin ?
Je reviens le 9 mars. La campagne est difficile avec des candidats particulièrement tendus. Le climat général est également crispant. C'est dur pour moi mais aussi pour tous les journalistes. Tout le monde est fliqué, on doit vraiment faire attention à tout ce que l'on dit ou propose. La vidéo d'Alain Duhamel en est l'exemple parfait.